Être présente ne veut pas forcément dire avoir de l’influence


J’ai récemment eu l’occasion d’échanger sur le plateau de TV Com avec la Bourgmestre de Waterloo et la deuxième Échevine de Wavre autour d’un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la place des femmes en politique.
L’émission faisait notamment écho aux résultats d’une enquête menée par l’Union des Villes et Communes de Wallonie auprès de quelque 700 élues locales.
Un chiffre m’a particulièrement interpellée : 4 élues sur 10 disent avoir déjà renoncé à prendre la parole.
Derrière ce chiffre, il y a évidemment des femmes. Mais il y a aussi des idées, des expériences, des projets et des sensibilités qui risquent de ne jamais être entendus.
Et c’est pour cela que, pour moi, la question de la place des femmes en politique dépasse largement celle de l’égalité entre les femmes et les hommes. C’est aussi une question de qualité démocratique.
Être autour de la table ne suffit plus
Ces dernières années, beaucoup de progrès ont été réalisés en matière de représentation. Les mécanismes de parité et les quotas ont notamment permis à davantage de femmes d’accéder aux assemblées politiques.
C’était nécessaire.
Mais aujourd’hui, je pense que nous devons aller plus loin.
Être présente ne veut pas forcément dire avoir de l’influence.
Être autour de la table est une première étape. Pouvoir prendre la parole, être entendue, peser dans les discussions et accéder aux lieux où les décisions se prennent réellement en est une autre.
La question n’est donc plus uniquement : combien de femmes sont présentes ?
Elle doit aussi devenir : quelle place occupent-elles réellement dans la décision ?
Et si la politique devait aussi s’adapter ?
L’enquête met également en évidence une autre réalité : la difficulté à concilier un mandat politique avec la vie professionnelle, personnelle et familiale.
Pendant longtemps, nous avons surtout demandé aux femmes de s’adapter aux règles et aux habitudes de la politique.
Je pense qu’il faut aussi pouvoir retourner la question.
Si nous voulons donner envie à davantage de femmes de s’engager – et surtout de rester –, la politique doit elle aussi pouvoir s’adapter davantage à la réalité de leur vie.
Les horaires, la multiplication des réunions, la manière dont nous organisons nos lieux de décision ou encore la culture politique ne sont pas des sujets secondaires.
Ils déterminent aussi qui peut participer pleinement.
Il n’existe pas une manière « féminine » de faire de la politique
Je ne crois pas pour autant qu’il existe une façon féminine et une façon masculine de faire de la politique.
Les femmes ne constituent pas un bloc uniforme, pas plus que les hommes.
La richesse vient, selon moi, de la diversité des parcours, des expériences et des regards.
Une démocratie fonctionne mieux lorsqu’elle permet à des personnes différentes de participer réellement aux décisions : femmes et hommes, jeunes et moins jeunes, entrepreneurs, salariés, parents, personnes issues d’univers professionnels ou sociaux différents.
C’est cette diversité qui enrichit les débats.
« Pourquoi pas moi ? »
Et puis, derrière ce sujet politique, il y a aussi quelque chose de beaucoup plus personnel.
J’ai deux filles.
Qu’elles rêvent demain de devenir astronautes, médecins, entrepreneures, responsables politiques ou tout autre chose, j’aimerais qu’elles grandissent avec une petite phrase en tête :
Pourquoi pas moi ?
Pas parce qu’elles sont des filles.
Mais justement parce que j’aimerais qu’un jour, le fait d’être une femme ne fasse même plus partie de l’équation.
Nous avons beaucoup progressé sur la présence des femmes.
La prochaine étape est peut-être celle-ci : faire en sorte que chacune et chacun puisse non seulement être autour de la table, mais aussi réellement y peser.



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