Redresser nos finances sans renoncer à préparer l’avenir


La Belgique doit remettre de l’ordre dans ses finances publiques. Ce n’est plus vraiment un débat : la question est de savoir comment nous le faisons, et surtout où nous plaçons l’effort.
Les dernières projections de la Banque nationale montrent d’ailleurs l’ampleur du défi : le déficit public belge atteindrait 5,3 % du PIB en 2026 et, sans mesures supplémentaires, continuerait à se creuser dans les années suivantes.
Pour moi, la réponse ne peut être ni « augmentons simplement les impôts », ni « coupons partout ». Il faut parvenir à dépenser mieux, faire en sorte que le travail rapporte davantage et continuer à investir là où cela nous rendra plus forts demain.
C’est dans cet esprit que je soutiens les trois exigences portées par Les Engagés à l’approche du conclave budgétaire.
1. Investir dans notre indépendance énergétique
La transition énergétique est évidemment un enjeu environnemental, mais elle est aussi un enjeu économique et de souveraineté.
Moins nous dépendons des énergies fossiles et des fluctuations de leurs prix, moins nos ménages et nos entreprises sont vulnérables aux crises extérieures.
Des décisions ont déjà été prises pour rendre progressivement l’électricité plus attractive par rapport aux énergies fossiles, notamment par un rééquilibrage des accises entre gaz et électricité.
Mais investir ne signifie pas renoncer à maîtriser nos dépenses. Je crois justement que les deux doivent aller de pair : investir dans ce qui prépare l’avenir et réduire ce qui relève des coûts de fonctionnement, des doublons ou de structures devenues trop lourdes.
2. Faire en sorte que travailler rapporte davantage
C’est probablement l’un des sujets sur lesquels je suis le plus souvent interpellée : la Belgique taxe encore beaucoup trop le travail.
La logique que je défends est donc celle d’un véritable tax shift : réduire progressivement la pression fiscale sur celles et ceux qui travaillent et mieux répartir la contribution entre les différentes formes de revenus.
Des premières mesures vont déjà dans cette direction. En Wallonie, les droits d’enregistrement pour l’achat d’une habitation propre et unique sont passés de 12,5 % à 3 %. Au fédéral, la réforme visant à mieux récompenser le travail est également engagée, avec notamment un renforcement du bonus à l’emploi dès 2026 pour les bas salaires, tandis que d’autres baisses de la fiscalité sur le travail seront progressivement mises en œuvre au cours de la législature.
Les Engagés veulent aller plus loin : augmentation de la quotité exemptée afin qu’une plus grande partie des revenus échappe à l’impôt, baisse de l’IPP et renforcement de l’écart entre les revenus du travail et l’inactivité.
L’objectif n’est donc pas de taxer toujours plus. Il est de faire autrement et, surtout, de moins taxer le travail.
3. Faire des économies là où l’État peut être plus efficace
Redresser les finances publiques signifie aussi accepter une réalité : l’État doit lui-même faire des économies.
Mais toutes les économies ne se valent pas.
Je préfère que nous cherchions d’abord à réduire les coûts de fonctionnement, simplifier nos structures, supprimer les doublons et profiter des départs naturels pour moderniser progressivement nos administrations, plutôt que de diminuer les protections de celles et ceux qui en ont réellement besoin.
Digitalisation, intelligence artificielle, mutualisation des services, simplification institutionnelle : il existe des marges pour avoir un État moins lourd mais plus efficace.
Cette rationalisation doit aller jusqu’à nos structures politiques. La simplification du paysage institutionnel, notamment avec la réforme annoncée du Sénat et la réflexion sur le niveau provincial, doit aussi participer à cet effort.
En revanche, je tiens à une ligne rouge : les personnes malades, en situation de handicap ou confrontées à un véritable accident de la vie doivent continuer à pouvoir compter sur la solidarité.
Faire des choix plutôt que promettre des solutions faciles
Le gouvernement fédéral s’est engagé dans un effort budgétaire structurel de 9,2 milliards d’euros à l’horizon 2029, combinant économies et nouvelles recettes.
Mais malgré cet effort, le défi reste considérable : les dernières projections de la Banque nationale montrent que le déficit de l’ensemble des pouvoirs publics atteindrait encore 5,3 % du PIB en 2026.
Derrière ces chiffres, il y a surtout des choix très concrets : quels services voulons-nous financer ? Où pouvons-nous être plus efficaces ? Que voulons-nous protéger ? Et dans quoi devons-nous continuer à investir ?
Derrière ces milliards, il y a pourtant toujours des choix très concrets : quels services voulons-nous financer ? Où pouvons-nous être plus efficaces ? Que voulons-nous protéger ? Dans quoi devons-nous continuer à investir ?
C’est précisément pour rendre cet exercice plus concret que Les Engagés ont lancé un simulateur budgétaire : chacun peut construire son propre scénario et tenter de trouver les milliards nécessaires au redressement de notre pays.
Je vous invite vraiment à faire l’exercice. Parce qu’il permet de constater une chose assez rapidement : les solutions simples disparaissent dès qu’il faut réellement faire les comptes.
Ma conviction reste donc la même : moins taxer le travail, mieux maîtriser les dépenses de l’État, protéger ceux qui en ont réellement besoin et continuer à investir dans ce qui prépare notre avenir.
C’est cet équilibre que je souhaite défendre.



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